De nombreux signaux de la physique et de la biologie sont des chirps:
sonars animaux, sifflements atmosphériques en géophysique,
propagation d'impulsion dans les milieux dispersifs en acoustique, activités
nerveuses dans les données EEG lors de crises d'épilepsie,
contractions utérines dans les données EMG...Ils sont aussi
largement utilisés dans les systèmes artificiels: radars,
sonars, contrôle non destructif de matériaux et exploration
sismique...
Sur les ondes gravitationnelles
en particulier:
L'existence (non encore confirmée) des ondes gravitationnelles
a été prédite par la théorie de la relativité
générale d'Einstein. Les ondes gravitationnelles seraient
les solutions d'une équation de propagation du champ gravitationnel
de la même façon que les ondes lumineuses vérifient l'équation
de propagation du champ électromagnétique. Ou autrement dit
il s'agirait de fluctuations de l'espace-temps engendrées par les
variations de la densité de matière à un endroit donné.
Leur amplitude serait extrêmement faible mais les progrès technologiques
ont permis d'espérer pouvoir détecter celles créées
par des systèmes stellaires très massifs, les binaires d'étoiles
à neutrons, de trous noirs massifs...
Le principe est celui de la télémétrie laser, on
mesure grâce à un
interféromètre
de Michelson les variations de longueur d'"étalons" disposés
dans des directions différentes. Plusieurs projets d'interféromètres
sur terre (franco-italien
VIRGO, américain
LIGO...) sont lancés pour tenter de détecter
des ondes gravitationnelles. Un autre projet est également en cours
qui consisterait à appliquer le même principe dans l'espace
au moyen de trois satellites en orbite héliocentrique: c'est le projet
LISA, commun à l'Agence Spatiale Européenne et à la
NASA.
LISA
Les ondes gravitationnelles émises par les coalescences de binaires
d'étoiles à neutrons peuvent être décrites en
première approximation comme des chirps dont le modèle est
A(t0-t)acos(16pi F(t0-t)b+1\5)
avec a=-1\4 et b=-3\8 et t
0 l'instant de coalescence,
A et F des constantes dépendant de la binaire.
Ce
signal diverge en t
0,
limite dans laquelle l'approximation par laquelle il a été
obtenu n'a plus de sens.
Parmi d'autres méthodes du type temps-fréquence, l'analyse
par
ondelettes a été proposée
pour la détection des signaux d'ondes gravitationnelles. L'algorithme
dit de "Marseille" a permis de caractériser le comportement de la
transformée en ondelettes d'un signal chirp.
avec t>0, t0=0, a=1.5, b=2
Exposant de Hölder
ponctuel
En effet si on examine la régularité en t
0
de f:t-> |t-t
0|
acos(1\(|t-t
0|)
b, on observe que son
exposant
de Hölder ponctuel en t
0 est
a, c'est à dire le même
exposant en t
0 que celui de la fonction h:t->
|t-t
0|
a.
Autrement dit le seul exposant de Hölder ponctuel ne permet
pas de caractériser le caractère oscillant de la singularité
en t
0.
Chirps, approche
"régularité
ponctuelle":
Pour simplifier les notations
nous ne donnons que la définition pour les fonctions de la variable
réelle mais elle peut être étendue dans le même
esprit aux fonctions de Rd dans Rd.
Soit f une fonction mesurable bornée, x0 un point de R. Nous notons hn(x0) l'exposant de Hölder en x0 de la n-ième primitive de f nulle en x0.
Nous dirons que f est un chirp
en x0 si le coefficient b=limn (hn(x0)\n)-1 est strictement positif.
L'exposant b=limn (hn(x0)\n)-1 b=limn (hn(x0)\n)-1 sera appelé exposant de chirp.
Remarques:
.Les
chirps au sens de la
première définition
avec A(t)=(t-t
0)
a et g(t)=1\(t-t
0)
b sont des chirps en t
0
au sens de la deuxième définition.
.On peut montrer que la deuxième
définition est équivalente au fait que la fonction f s'écrive
au voisinage de x
0 comme f(x)=|x-x
0|ah(1\(|x-x
0 |)
b) avec h fonction "indéfiniment
oscillante", une fonction dont toutes les primitives sont bornées
(c'est à dire une généralisation de la fonction
cos).
.On peut remarquer que la
fonction f:x->|x-x
0 |
acos(1\(|x-x
0 |)
b)+|x-x
0|
a' avec
a'>
a n'est pas un chirp en x
0
au sens de la
deuxième définition.
(
Exercice: vérifiez
qu'à partir d'un certain rang n, la n-ième primitive de
f a pour exposant de Hölder en x
0 a'+n).
On introduit alors la définition d'une "singularité oscillante"
qui correspond au fait qu'une intégration
fractionnaire de la fonction sera plus
régulière que ce qu'on attend.